L’adénome de prostate (HBP)

L’hypertrophie bénigne de prostate (HBP) concerne plus de 80% des hommes de plus de 60 ans. Il s’agit d’une pathologie bénigne, qui peut engendrer une altération de la qualité de vie significative nécessitant des traitements médicamenteux et/ou chirurgicaux.
L’augmentation du volume prostatique constitue l’histoire naturelle de la prostate, et la survenue d’un éventuel cancer de la prostate est complètement indépendant à cette évolution.
Quels sont les signes cliniques d’un adénome de prostate (HBP)?
La prostate entoure le canal urinaire (urètre). De ce fait, son augmentation de volume et sa perte de souplesse ont des conséquences sur la manière d’uriner. Ces troubles peuvent débuter assez tôt dans la vie d’un homme (dès 40 ans), mais n’entraînent souvent une consultation que plus tardivement.
Il n’existe pas de corrélation entre les signes cliniques et le volume prostatique total. Certains patients ne présentent aucun signe fonctionnel urinaire pour des volumes prostatiques très élevés, alors qu’au contraire, d’autres patients seront très gênés pour des volumes prostatiques faibles.
Il existe deux types de signes cliniques symptomatiques de l’adénome de prostate : les signes de la phase de vidange et les signes de la phase de remplissage.
Signes de la phase de vidange
Signes de la phase de remplissage
Les signes de la phase de remplissage rassemblent tous les signes liés à une irritation de la vessie. L’adénome de prostate peut entraîner ce genre de signes lorsqu’il se développe un lobe médian, une sorte d’excroissance de l’adénome intravésicale. Il existe alors des signes d’hyperactivité vésicale, parmi lesquels nous pouvons noter une pollakiurie (plus de 8 mictions diurnes), une urgenturie ou des épisodes d’impériosités (urgences à aller uriner), mais également une nycturie (mictions la nuit).
Il est toutefois important de noter que la nycturie peut être liée à d’autres pathologies, comme le syndrome de l’apnée du sommeil, et qu’elle devient presque physiologique à partir d’un certain âge par inversion du cycle nycthéméral (la part de production d’urine devenant de plus en plus importante la nuit chez la personne âgée).
Enfin, nous pouvons noter des possibles saignements lorsque la prostate devient adénomateuse (hématurie), signe nécessitant tout de même une exploration complémentaire afin d’éliminer une autre pathologie sous-jacente.
Des scores de qualité de vie peuvent être utilisés afin d’apprécier de façon reproductible la gêne ressentie par les patients.
Quelles sont les complications d’un adénome de prostate?
Outre l’altération de la qualité de vie, les complications de l’adénome de prostate sont multiples. Toutes résultent d’une obstruction chronique à l’évacuation des urines.
Cela peut entraîner une rétention aiguë d’urine avec un globe vésical, nécessitant la mise en place d’une sonde vésicale temporaire, ou une rétention chronique avec présence de fuites par regorgement.
Des calculs et des infections urinaires sont la conséquence de ce résidu permanent intravésical.
Enfin, une insuffisance rénale chronique obstructive peut être observée dans les cas extrêmes, par dilatation des voies excrétrices.
Quel bilan pour confirmer un adénome de prostate (HBP)?
Le bilan de l’adénome de prostate est principalement clinique. Il est recommandé de réaliser un toucher rectal afin d’explorer le volume prostatique et de dépister un éventuel cancer de la prostate.
La débitmétrie (mesure du débit du jet urinaire) et le calcul du résidu post-mictionnel permettent de mettre en évidence une obstruction prostatique.
L’urologue réalise de façon quasi systématique une échographie endorectale afin d’apprécier le volume exact de la prostate et de définir le type d’intervention.
Enfin, un dosage du PSA (dépistage du cancer de la prostate) et une fibroscopie en cas de signes d’hyperactivité vésicale peuvent être proposés selon la situation.
Besoin d’un avis ?
Cancer de la prostate : peut-il être associé à un adénome (HBP)?
Adénome et cancer peuvent coexister au sein de la prostate, mais ne sont en aucun cas liés entre eux.
L’adénome de la prostate n’est pas un facteur de risque de survenue d’un cancer.
L’examen initial comportera donc impérativement la recherche de signes évocateurs.
Il s’agit surtout d’une élévation anormale du PSA et/ou d’une zone suspecte retrouvée lors du toucher rectal (nodule, induration…).