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Courbure de Verge (Maladie de Lapeyronie)

Les courbures de la verge sont très fréquentes dans la population (environ 8 à 10 % des hommes).

Certaines sont congénitales, présentes dès la naissance et souvent mises en évidence lors des premières érections ou des premières activités sexuelles. Ces dernières n’ont aucun impact sur la qualité des érections. En cas de gêne lors des rapports sexuels, une chirurgie de correction peut être proposée afin de corriger partiellement ou entièrement la courbure, selon la demande du patient.

Les courbures acquises s’inscrivent dans la majorité des cas dans le cadre de la maladie de Lapeyronie. Elle correspond à un trouble de la cicatrisation de l’albuginée des corps érectiles. Ces organes, au nombre de deux, permettent l’érection et la rigidité. En cas de mauvaise cicatrisation d’un micro-traumatisme, l’érection peut perdre en qualité et une courbure peut se développer.

Certains facteurs de risque peuvent favoriser cette mauvaise cicatrisation : traumatisme important, faux pas du coït répétés, diabète, maladie de Dupuytren, prostatectomie, radiothérapie, tabac, maladies auto-immunes. Une plaque, plus ou moins dure, peut se former sur les corps caverneux.

Quel traitement pour la maladie de Lapeyronie?

Des traitements innovants sont actuellement en cours d’évaluation quant à leur efficacité. Les injections de plasma riche en plaquettes semblent prometteuses pour améliorer la qualité des érections et réduire la courbure de la verge.

Elles consistent en une prise de sang du patient, suivie d’une centrifugation afin de récupérer le plasma riche en plaquettes, contenant notamment des facteurs anti-inflammatoires et des médiateurs de la cicatrisation, puis en une injection de ce plasma directement dans la plaque, sous anesthésie locale. Il est généralement nécessaire de répéter la procédure 6 à 8 fois, à raison d’une séance par semaine.

En cas de persistance de la courbure après stabilisation de la maladie et en présence d’une gêne pour le patient, des chirurgies correctrices peuvent être proposées :

  • La plicature (technique de Nesbit) : elle consiste à réduire le côté controlatéral à la plaque afin de redresser la verge. Cette technique a l’avantage d’avoir peu d’impact sur les érections, mais elle entraîne une perte de longueur de verge (environ 1 cm pour 30° corrigés). Elle est recommandée pour des courbures de 60° ou moins.

  • L’incision avec patch : indiquée pour les courbures supérieures à 60° ou en cas de déformation complexe. Elle consiste à inciser la plaque puis à combler le déficit à l’aide d’un patch de biomatériau. Cette technique permet de corriger la courbure sans perte ni gain de longueur, mais expose à un risque d’apparition ou d’aggravation de la dysfonction érectile dans environ 30 % des cas.

  • La prothèse pénienne : en cas de dysfonction érectile importante ou lorsque le risque d’aggravation est trop élevé, une prothèse pénienne peut être envisagée afin de corriger à la fois la dysfonction érectile et la courbure de la verge.