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Sténose de l’urètre

La sténose de l’urètre correspond à un rétrécissement du canal urinaire. Elle est responsable de troubles de la vidange urinaire, avec notamment un jet faible, des mictions prolongées et une sensation de vidange vésicale incomplète.

Elle est plus fréquente chez l’homme que chez la femme, en raison de la différence de longueur de l’urètre. La prévalence des sténoses urétrales chez l’homme est d’environ 1 %.

Les causes sont multiples : traumatisme direct (accident de la voie publique) ou indirect (pratique du vélo), lésions chirurgicales (résections de prostate ou de vessie, sondage urinaire…), radiothérapie, tabagisme, infections urinaires.

Tout comme dans l’hypertrophie bénigne de la prostate, la sténose urétrale peut, à long terme, altérer la vessie et le haut appareil urinaire en l’absence de prise en charge : calculs vésicaux, infections urinaires, vessie de lutte avec hyperactivité secondaire, risque de rétention aiguë ou chronique d’urine, voire insuffisance rénale obstructive.

Le bilan de base repose sur une urétro-cystographie rétrograde et mictionnelle. Cet examen est réalisé en cabinet de radiologie. Une sonde très fine est introduite dans les premiers centimètres du canal urinaire. Des clichés radiographiques sont réalisés de façon concomitante à l’injection d’un produit radio-opaque dans le canal urinaire (clichés rétrogrades). De nouveaux clichés sont ensuite réalisés lors de la miction afin d’analyser le diamètre de l’ensemble du canal urinaire (clichés mictionnels).

Une fibroscopie urétrale est également réalisée afin d’obtenir une analyse directe de la sténose (localisation, longueur, diamètre). Cet examen est effectué en salle d’endoscopie par votre urologue, sous anesthésie locale.

Quelles prises en charge?

Selon la localisation et la taille de la sténose, plusieurs prises en charge peuvent être proposées :

  • Urétrotomie interne : elle consiste en une incision de la sténose, sous anesthésie générale, sous contrôle de la vue, par les voies naturelles, à l’aide d’un endoscope. Cette technique est réservée aux sténoses vierges de tout traitement ou localisées au niveau bulbaire.

  • Dilatation urétrale : tout comme l’urétrotomie interne, elle permet de dilater ou d’inciser la sténose. Ces deux techniques sont équivalentes.

Il ne faut en revanche pas répéter ces techniques, au risque de majorer la cicatrice du canal urétral et la sténose qui en découle (spongiofibrose). Par ailleurs, plus le geste est répété, plus la sténose a tendance à récidiver, et ce de façon plus rapide.

  • Urétroplastie avec greffe de muqueuse buccale : afin d’éviter l’aggravation de la cicatrice, cette technique permet de corriger le diamètre du canal urinaire en apportant du tissu sain. La muqueuse buccale est la candidate idéale, car elle tolère l’acidité des urines et présente une bonne élasticité. La chirurgie est réalisée sous anesthésie générale.
    Une incision est pratiquée au niveau du périnée (sténose de l’urètre bulbaire ou postérieur) ou au niveau pénien (sténose pénienne ou glandulaire). La sténose est mise à plat, puis un patch de muqueuse buccale, prélevé dans la bouche, est utilisé pour corriger le défect.

Dans les cas où la sténose est longue, très serrée, voire complète, ou dans le cas particulier des hypospadias multi-opérés, il est parfois nécessaire de réaliser la chirurgie en deux temps :

  • Premier temps : excision de la sténose et mise en place du greffon de muqueuse buccale. Le patient urine par un canal urinaire ouvert plus bas (hypospadias), à la limite de la réparation.

  • Second temps : après 3 à 6 mois de cicatrisation, le temps nécessaire à la vascularisation du greffon, le canal urinaire est tubulisé et refermé.

  • OPTILUME™ : il s’agit d’un nouveau dispositif recouvert d’un médicament anti-prolifératif, permettant de dilater la sténose tout en diminuant le risque de récidive. Il est indiqué après un premier échec d’urétrotomie ou de dilatation, en cas de refus ou de contre-indication à l’urétroplastie.